Coward Old Universe…

by Jeremy G.

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Qui a peur de M. Poutine?

Posted by Jeremy Ghez on October 16, 2007

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On se bouscule pour aller saluer M. Poutine.  La semaine dernière, c’était au tour de notre président français, M.Sarkozy, qui semble avoir oublié ses positions de la campagne électorale – Glucksmann doit s’en mordre les doigts.  A suivi ensuite la visite du patron de la Défense améric aine, Bob Gates, et de la chef de la diplomatie, Condoleezza Rice, qui ont le droit à un véritable sermon du nouveau Tsar russe sans pour autant hausser le ton.

Poutine est populaire dans son pays.  La Russie est un grand pays, et il ne faut pas l’humilier.  Autant d’excuses que l’on entend, ici et là, pour justifier le fait que les démocraties occidentales ont pardonné beaucoup de choses à la Russie.  Qui se rappelle de la véritable déclaration de guerre de Poutine à l’Europe, l’hiver dernier?  Qui, dans les chancelleries occidentales, s’indigne des obstacles russes à des sanctions plus efficaces contre l’Iran, et du véritable soutien que donne Poutine à Ahmadinejad?  

Le courage politique fait défaut aux capitales occidentales, et notamment à Washington.  Le prix à payer sera bien élevé.  Poutine a fait part de son intention de rester dans la vie politique de son pays, et de briguer le poste du Premier Ministre.  Ceux qui avaient parié sur la fin de sa carrière politique doivent être déçus.

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Le plus grand comique du monde…

Posted by Jeremy Ghez on June 5, 2007

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Dans un interview au Figaro, Vladimir Poutine fait part de sa solitude:

 

Bien sûr que je suis un pur et absolu démocrate ! La tragédie, c’est que je suis le seul pur démocrate au monde. Voyez les États-Unis : des tortures horribles, des sans-abri, Guantanamo. Voyez l’Europe : des manifestations violentes, durement réprimées. Même les Ukrainiens se sont discrédités et vont vers la tyrannie. Depuis la mort de Gandhi, je n’ai personne à qui parler !

On croirait à une mauvaise blague.  Puis on se souvient de la froideur que dégage le sombre personnage qu’est Poutine.  Et on s’en rend vite compte: l’homme qui n’a pas hésité à faire arrêter le champion d’échecs Gary Kasparov le mois dernier lors d’une manifestation dénonçant l’absence de liberté d’expression en Russie et qui a complètement écrasé son opposition afin de s’assurer le pouvoir le plus total se décrit comme “le plus grand démocrate du monde”.  Le caractère absurde de la situation pourrait faire rire, mais les menaces de Poutine font froid dans le dos et rappellent à quel point la réalité est effrayante.  A la question de savoir si des missiles seront pointés vers l’Europe occidentale, Poutine répond oui, sans hésitation:

Nos experts militaires nous disent que le système antimissile menace le territoire de la Russie jusqu’à l’Oural. Si une partie du potentiel nucléaire des États-Unis est en Europe, nous devrons trouver une réponse. Bien sûr, nous devrons avoir des cibles en Europe. Quels moyens utiliserons-nous ? Des missiles balistiques, des missiles de croisière ou de nouveaux systèmes d’armements, c’est une question technique. Je suis contre toute course aux armements. Nous avons appris de l’expérience de l’URSS. Nous n’allons pas nous laisser entraîner. Les États-Unis vont dépenser des milliards et des milliards de dollars, nous allons bâtir une réponse asymétrique, beaucoup moins chère mais efficace.

Poutine le politicien sait parler, enrober les mots.  Mais la déclaration de guerre est pourtant claire.  Le plus grand paradoxe réside dans le fait que le bouclier anti-missile répond à la menace croissante de l’Iran, dont l’ambition nucléaire n’est un secret pour personne.  Poutine s’offusque, non pas de l’action américaine en tant que telle, mais à cause de ce que ces actions rappellent au président russe: la Russie a perdu la Guerre froide, n’est plus une puissance légitime – ni par des indicateurs objectifs, ni par son comportement à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières.   Le voilà  donc vexé par cette triste réalité. 

Aucun véritable changement n’aura lieu dans la tourmente internationale, sans chagement profond à Moscou.  A court terme, reste à savoir pourtant si quelqu’un en Europe ou aux Etats-Unis répondra avec la fermeté qui s’impose à des propos aussi inacceptables que dangereux, au-delà des condamnations aussi molles que vides que nous avons entendues aujourd’hui.  Le cirque a assez duré. 

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