Coward Old Universe…

by Jeremy G.

Posts Tagged ‘Bernard Kouchner’

Zoé au Tchad

Posted by Jeremy Ghez on December 21, 2007

banniereweb1.jpg

 

Le procès de l’Arche de Zoé, accusé d’avoir enlevé 103 enfants tchadiens, fin octobre dernier, commence aujourd’hui à N’Djamena.  L’association humanitaire ne manque pas de soutien ou de relais médiatiques actuellement: d’Agnès Breteau, ancienne femme du patron de l’ONG, aux familles qui espéraient accueillir l’un des 103 enfants, tous plaident en faveur de l’association, soulignant la bonne foi de chacun de ses membres.  Sur ce dernier point, ils ont sans doute raison. 

Mais toute la bonne foi du monde ne légitimera jamais les fautes inadmissibles de l’association.  Comme une enquête de l’ONU le démontrera: ces enfants, en majorité, ne venaient pas du Darfour et n’étaient pas orphelins.  Et beaucoup n’étaient pas blessés, malgré les pansements qu’on a voulu leur coller sur la peau.  L’obstination des membres de l’Arche de Zoé, qui ne semblent rien regretter, et qui, non sans arrogance, affichent avec une confiance tracassante leur fierté d’avoir agi – eux, au moins – n’arrange pas grand chose.

Théorisé par Jean-François Revel, puis mis en pratique par Bernard Kouchner, le “droit d’ingérence” a consacré le rôle des associations humanitaires qui se sont octroyées le pouvoir de remettre en question la souverainté d’un Etat en cas de crise exceptionnelle.  L’expression est d’ailleurs bien choisie: il s’agit bel et bien d’un droit, justifié par une conscience morale qui se doit irréprochable, parce que l’activité humanitaire se déroule hors d’un cadre légal concret et clairement défini.  C’est pourquoi les fautes commises par l’Arche de Zoé sont inacceptables: elles pénalisent avant tout l’ensemble du monde humanitaire.

Posted in Arche de Zoé | Tagged: , , , , | Leave a Comment »

The Return of International Willingness?

Posted by Jeremy Ghez on June 10, 2007

In a quite bizarre column last Tuesday in the Washington Post, Op-Ed writer Anne Applebaum recited a eulogy in the memory of New Europe.  Her point is simple: The mere fact that Aznar, Berlusconi and Blair are gone shows the limits of the alliances Bush maintained in Europe, and is yet another sign of failure of this country’s administration in the international realm. 

The argument is not dubious, it’s fallacious.  Applebaum selects the cases that suits her reasoning best, overlooking until the end of the article the most notable cases of Germany and France.  Whereas in 2002 Schröder was elected in Germany on an essentially anti-American agenda to cover his own domestic failures, he was quickly ousted from office only four years later by Angela MerkelNicolas Sarkozy, who never hid his admiration for the United States and the closeness he feels with Israel, left no chance to his competitors in the French presidential elections last month, showing in the process that expressed sympathy for America was not a strategy doomed to failure.  And that’s not saying anything about Tony Blair’s re-election in Great Britain in 2005, in spite of what Applebaum calls the “Iraqi failure”, nor the extraordinary circumstances under which Aznar lost power – Aznar was a favorite until the very end in the first election ever decided by Al Qaeda.

The lesson of all of this?  Europeans are not as dumb as some would hope, and understand far better the real stakes of current international politics, beyond the situation in Iraq.  The ludicrous controversy Putin tried to launch on the issue of the missile defense shield fooled no one in Europe, as the issue of Iran is a widely shared concern throughout the West.  It is hard to understand how Putin’s bluff, that this shield was against his own country, was not brushed away as ridiculous sooner.

The true question is whether or not the US political and intellectual class will have the courage to recognize that the current Bush-bashing, related to this Administration’s inability to take care of Iraq, should not prevent Americans from redefining the rules of international activism.  Should the mess created in Iraq lead us to remain arms crossed on all of today’s inacceptable issues?  Has the Iraqi turmoil discredited any type of political activism for the future, and condemn the US to systematic inaction as the world goes south?

Applebaum‘s conclusion – America’s arrogance is all the more so irrelevant that it could collaborate with Germany and France – is unfounded because Washington can find in Paris and Berlin two fundamental allies to redefine the possibilities for broad and ambitious international missions.  Kouchner‘s nomination should be interpreted as such.  One that would involve signalling to Russia that threatening Western Europe with its missiles is inacceptable could be a start.

 

images6.jpg

The picture is still fuzzy…  But who knows?

Posted in Al Qaeda, International Willingness, US Foreign Policy, World Politics | Tagged: , , , , | Leave a Comment »

Soudan: Kouchner et Sarkozy, main dans la main?

Posted by Jeremy Ghez on June 1, 2007

nicolas-sarkozy.jpgkouchner.jpg

Un article du Monde  daté du 31 mai fait état de l’omniprésence peu surprenante du nouveau président français sur tous les terrains qu’auraient occupés exclusivement les ministres respectifs en temps normal.  L’article raconte les frustrations au sein des ministères, et les “leçons” apprises au cours de ces premiers jours, après contractions et rappel à l’ordre venant de l’Elysée.

L’intérêt réel de l’article ne réside pas cependant dans ce qu’il relate – quand on accepte d’être ministre de Sarkozy, on sait à quoi s’attendre et que les méthodes vont changer – mais dans ce qu’il omet: Pas un mot sur la nouvelle tête du Quai d’Orsay, Bernard Kouchner, qui n’a pas été pourtant le plus inactifs des nouveaux ministres, en traitant dès les premiers jours de son mandat les dossiers épineux du Liban et du Soudan.

Mercredi soir, sur RTL, dans l’émission On refait le Monde, Alain Duhamel exprimait des sérieux doutes concernant la possibilité que Koucher ait agi sans concertation avec Sarkozy.  Le Soudan a été l’un des premiers dossiers sur la table de Kouchner, et pendant la campagne électorale même, Kouchner avait participé à une réunion publique sur le Darfour – réunion dont le bien-fondé n’a pas fait unanimité; c’est dire si l’on est loin du sujet consensuel.

Plus généralement, cette cohérence sans faille – jusqu’à maintenant – du tandem n’est pas surprenante.  Rappelons-nous du tout premier discours prononcé par Sarkozy.  Ce n’est pas par hasard qu’il a conclut son discours de la salle Gaveau en mentionnant les valeurs de liberté et de tolérance, les opprimés auprès desquels, a-t-il promis, la France sera.  Il s’agit du signe le plus probant du retour du volontarisme international que la guerre d’Irak a tant mis à mal.  Kouchner – comme Sarkozy probablement – avait refusé d’enterrer ce volontarisme en 2003 au nom du pacifisme.  Les deux hommes semblent se retrouver aujourd’hui sur un dossier et non des moindres: le Darfour, qui pourrait devenir le premier génocide du siècle.

Posted in International Willingness | Tagged: , , | 1 Comment »

Kouchner, tout simplement

Posted by Jeremy Ghez on May 17, 2007

kouchner.jpg

A l’heure où j’écris ces lignes, alors que le jour se lève sur Paris et que nous connaîtrons dans quelques heures la composition du premier gouvernement sous la présidence Sarkozy, un paradoxe me fait sourire: Hormis le nom de celui qui sera selon toute vraisemblance le nouveau Premier Ministre, le seul homme dont le poste a été confirmé est Bernard Kouchner, autrefois homme “respecté” au Parti Socialiste.

Ceux qui me connaissent savent l’admiration que j’ai pour le French Doctor.  Mais mon enthousiasme va bien au-delà.  En effet, avec cette nomination, une question se pose: La froide politique étrangère française, soit disant “réaliste” – au sens que donne la théorie des relations internationales au terme – calculatrice et tout sauf humaniste, prendra-t-elle fin avec ce tandem improbable Sarko-Kouchner?  Après l’émotion convenue à propos du dossier du Darfour, qui nous a tous rendu très fiers d’être humains, y aura-t-il enfin une véritable initiative politique?  Le Monde peint une image intéressante de la diplomatie française à venir, avec Kouchner au Quai d’Orsay et Jean-David Levitte – actuel ambassadeur français aux Etats-Unis – à la tête d’un Conseil de Sécurité élyséen, conseiller de Sarkozy.  Le ministre sanguin et passionné, le conseiller rationnel et expert de diplomatie.  Voilà un duo qui promet beaucoup plus que le discours convenu d’autrefois.

Cette nomination n’a rien de surprenant.  Sarkozy et Kouchner partagent, tant du point de vue pratique que du point de vue intellectuel, de nombreuses positions en matière internationale.  Le “Ni guerre, ni Saddam” de Kouchner en 2003 raisonne énormément avec l’ambiguïté dont Sarkozy a fait preuve sur le dossier irakien – en dénonçant d’abord l’arrogance française pour ensuite saluer la décision historique de Chirac.

A cela s’ajoute le mépris dont le Parti socialiste a systématiquement fait preuve à l’égard de Kouchner, considéré trop longtemps comme un simple beau gosse à mettre en tête d’affiche sans penser qu’un jour un homme si compétent puisse avoir des ambitions qui sont, de loin, à sa hauteur.  La débandade des Socialistes a commencé, j’en avais dit deux mots ici.  Kouchner, qui restera fidèle à lui-même et loyal à ce qu’il considère sa vérité et sa réalité de gauche, vient d’en prendre acte.

Posted in Gauche française, World Politics | Tagged: , , , | 3 Comments »

DSK, Kouchner: Le Divorce avec le PS est entamé?

Posted by Jeremy Ghez on May 6, 2007

strauss-kahn.jpgkouchner.jpg

Un petit pronostic, à chaud.

Hier, je disais pourquoi je souhaitais la défaite de Royal, notamment à cause de ce que cela voudrait dire pour la gauche française, véritable anachronisme dans le monde occidental civilisé.

Aujourd’hui, la défaite est claire et bienvenue. Mais une tendance un plus surprenante émerge: DSK a déclaré que cette défaite était “grave”, et qu’il était temps pour la gauche de se poser la question de sa rénovation, après avoir perdu trois élections présidentielles de suite – il s’est d’ailleurs attiré les foudres de Jack Lang, en direct, sur TF1. Discours similaire chez Bernard Kouchner, qui appelle à un programme commun avec le centre et l’homme qui aurait vraiment dû représenter la gauche en France en 2007, à mon avis.

Alors une question: Pendant combien de temps le PS pourra rester unitaire et jouer ce jeu d’équilibriste? Si la France tient à son système à partis politiques multiples, il y a une chance à saisir actuellement. Le mouvement démocrate de Bayrou, si ce dernier s’avère à la hauteur, pourrait réunir la véritable opposition politique à Sarkozy, et assurer un équilibre sain en France. DSK et Kouchner seront-ils le premier à le démontrer?

Posted in Gauche française, Tri-partition de la politique française | Tagged: , , | 2 Comments »