Coward Old Universe…

by Jeremy G.

Archive for the ‘politique française’ Category

La grosse bourde de Guaino

Posted by Jeremy Ghez on July 15, 2008

Dans l’émission d’Europe 1, C’est arrivé demain, le journaliste Fabien Namias a titillé Henri Guaino, plume de Sarkozy et l’architecte de l’Union pour la Méditerranée, à propos de la venue de Bachar el-Assad à Paris.  Guaino, faussement agacé – la question est bien légitime – a cru répondre avec intelligence mais en a cruellement manqué: Certains ont critiqué la France pour avoir invité Israël, d’autres pour avoir invité la Syrie.  Conclusion politicienne: Si tout le monde nous critique, c’est bien parce qu’on a raison.

J’ai défendu l’invitation faite à el-Assad ici.  Les propos de Guaino, en revanche, sont inadmissibles et profondément insupportables.  Ils font penser aux moments les plus absurdes de la diplomatie chiraquienne pour laquelle tout se valait.  Inutile ici d’expliquer pourquoi Israël n’est pas la Syrie, et pourquoi les critiques contre l’invitation faite à un Etat ont bien peu de crédibilité par rapport aux critiques adressées à l’encontre d’une politique consistant à inviter un dictateur.

Mais ce relativisme a quelque chose de choquant, lui qui était la première cible de Sarkozy et qui émane aujourd’hui d’un membre de son équipe – elle qui prétendait rompre avec des habitudes passées.  L’exécutif français ferait mieux de se méfier: à vouloir dépenser son capital politique, il risquerait de se retrouver endetté envers des groupes et des idéologies bien peu fréquentables.

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Ségolène, ca suffit!

Posted by Jeremy Ghez on July 10, 2008

On s’est souvent plaint, pendant la campagne électorale, du fait qu’on se permettait de désigner la candidate du Parti socialiste par son prénom.  Indignation somme toute légitime, quand on parle d’hommes et de femmes politiques respectables qui gouvernent notre pays.
 
Néanmoins, étant donné les circonstances insolites dans lesquelles j’écris ce poste, je ne vois pas d’autres manières pour exprimer ma consternation, une nouvelle fois, devant un comportement aussi méprisant que puéril.  Les allégations de Ségolène Royal concernant les visites dont son appartement a fait l’objet sont non seulement diffamantes, mais révèlent également le vide politique et idéologique dans lequel se trouve Royal.  Que dirait-on si je spéculais sur l’opportunité que représentent ces cambriolages pour Royal au moment où celle-ci n’a strictement rien à dire sur la vie politique française? 
 
Le problème est profond.  Quelle a été la contribution de Royal à la rénovation du logiciel intellectuel du PS?  Quelles lumières l’ex-candidate a-t-elle partagé sur les défis qui se posent à la France?  Aucune, aucune et aucune.  Royal est le principal fossoyeur de la gauche.  Les Français ne sont d’ailleurs pas dupes, voyant Besancenot comme meilleur opposant à Sarkozy (quelle tristesse malgré le pragmatisme évident de l’individu) et préférant Aubry à Royal pour prendre la tête du PS.
 
    
 
 
 
On peut être ou ne pas être d’accord avec Cohn-Bendit, mais les propos de l’Euro-député démontre que l’on peut, avec passion ou véhémence, exprimer un propos constructif.  Mme Royal, prenez-en de la graine!
 
 
 

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2, c’est pas beaucoup

Posted by Jeremy Ghez on June 12, 2007

Du haut de ses probables deux sièges à l’Assemblée, Bayrou a perdu son pari – dans l’immédiat du moins.  Preuve que l’élection législative a peu à voir désormais avec l’élection présidentielle, et devient progressivement une simple formalité.  La question de son utilité et de sa réforme est fondamentale, mais n’est pas encore d’actualité.

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La réelle question est de savoir si Bayrou tiendra le choc, et saura avoir le courage d’aller jusqu’au bout de sa logique: proposer une troisième voie, pertinente parce que distincte de celle du PS et de l’UMP, crédible, parce qu’inscrite dans la logique raisonnable de l’évolution politique actuelle de la France, et enfin solide, parce que ne reposant pas que sur une simple réthorique politique d’opposition systématique à Sarkozy, comme il a pu le faire dans le passé.

Vu des Etats-Unis, il y a quelque chose de passionant qui se passe actuellement avec cette refondation du paysage politique français.  Ce beau pays qu’est la France présente en effet une caractéristique cruciale pour les Républicains américains en course pour la Maison Blanche, et une lacune grave que la France pourrait combler en s’inspirant – un tout petit peu – de ce qui se passe aux Etats-Unis.

Plusieurs articles ont fait état – comme ici – de l’intérêt particulier que prêtent les candidats républicains à la Maison Blanche à la situation française.  Gagner une élection si facilement, alors que l’on est issu d’un mouvement politique qui a gouverné pendant cinq ans sans apporter de résultats concrets (d’après les meilleurs diagnostics): voilà assez pour impressionner les Républicains en lice qui veulent tout faire pour se démarquer de l’Administration Bush, au-delà des accords et désaccords qu’ils peuvent avoir avec l’actuel président.  L’intérêt du très conservateur Washington Times pour ces élections législatives – le journal en a fait sa une ce matin! – qui a célébré ce landslide, ou raz-de-marée, n’est donc pas surprenant étant donné le laboratoire stratégique que représente la France pour les Républicains.

Pour une fois, donc,  que ce sont les Etats-Unis qui se fascinent pour la France, et non l’inverse, ne gâchons pas notre plaisir.  Mais ne gâchons pas non plus l’opportunité à laquelle correspond la mini-révolution politique qui vient d’avoir lieu.  Plus que jamais, avec ce landslide sarkozien, on se rend compte à quel point l’opposition – Bayrou compris – manque d’un projet cohérent qui peut séduire la France.  Les Etats-Unis constituent, de ce point de vue, un autre cas d’école typique.  Les deux partis principaux, lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir, puisent énormément dans les idées que produisent les think tanks – ou groupes de réflexion – qui pullulent dans Washington aujourd’hui.  Voilà une condition sine qua non du renouvellement politique et de la modernisation.  Il ne s’agit pas ici de lancer le débat sur l’importance de ces institutions – la raison fondamentale étant que les prochaines échéances électorales, dans cinq ans, risquent d’arriver plus vite qu’on ne le croit.  Il s’agit plutôt de mettre en évidence les bénéfices que pourraient tirer les socialistes et Bayrou d’une consultation active de ces personnalités, ces universitaires et penseurs, qui vivent en France ou à l’étranger, et qui pourraient redonner un peu de fraîcheur à un monde politique sous influence énarquaise.  En réponse au sacre admirable de Sarkozy  – aux yeux des Américains – correspond ce nouveau défi lancé par un pays dont l’utilité n’est pas aussi nulle que l’on ne le croit…

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