Coward Old Universe…

by Jeremy G.

Archive for the ‘Gauche française’ Category

La lutte ouvrière soumise aux RTT elle aussi…

Posted by Jeremy Ghez on November 9, 2008

La scène se déroule mercredi soir – le 5 novembre – près du métro “Malakoff-Plateau de Vanves”. Des militants de l’organisation d’Arlette Laguiller – non, l’organisation n’est pas morte malgré la retraite de sa chef historique – s’affairrent autour de la station, à distribuer des tracts et pour vendre leur journal.

J’arrive à la station. Ils sont cinq à cet endroit, à distribuer des tracts, lorsque l’un d’entre eux – le camarade en chef? – regarde sa montre et dit: “Ah, bah, il est 18 heures. On arrête, hein?” Et les autres de suivre le mouvement, promptement.

Les vilains capitalistes n’ont pas à s’en faire. A ce rythme-là, la révolution n’aura pas lieu demain.

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JFK chez Bayrou

Posted by Jeremy Ghez on September 11, 2008

Malgré les craintes des socialistes, le processus de tri-partition du champ politique français s’accélère. Ce processus est le résultat de la consolidation d’une extrême gauche et l’attrait potentiel d’un centre qui se cherche encore et qui a bien du mal, lui, à s’organiser. La gauche est ainsi prise en sandwich. Je l’ai déjà dit ou suggéré ici, ici, ici, ici, et ici: A force d’ignorer ce processus, la gauche manque une occasion de se renouveler, et ne peut pas persister en tant que parti étant donné les visions contradictoires de ses membres.

L’arrivée de l’ex-journaliste Jean-François Kahn au MoDem confirme peut-être l’attrait potentiel du parti de Bayrou dans ce nouveau paysage politique. Les centristes du Parti socialiste auraient tort de dénigrer Bayrou, lui qui s’est révélé bien plus inventif face à la machine sarkozyste. Grâce à ce processus, on pourra également enfin mesurer l’importance et l’attrait d’une extrême gauche d’un autre siècle, que l’on retrouve autant à l’aile gauche du PS que chez Besancenot.

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Cette gauche qui perd son âme

Posted by Jeremy Ghez on August 18, 2008

Cette gauche qui avait choisi rapidement son camp en 2006, lors de l’affrontement entre Israël et le Hezbollah, en dénonçant la riposte “disproportionnée” de l’Etat hébreu, confirme aujourd’hui sa schizophrénie en célébrant l’émergence de la Russie comme nouvelle puissance mondiale capable de concurrencer les Etats-Unis. On l’a bien reconnue, jeudi dernier, ici, elle qui a salué ce monde multipolaire qui se manifeste, ainsi que le pragmatisme de Sarkozy qui rappelle celui de Chirac (sic) et de Mitterand.

Plenel et ses amis – dont le ton très docte n’est pas seulement exaspérant, mais montre que leur arrogance n’a rien à envier à celle de l’Amérique qu’ils critiquent – tiennent par ces propos un discours bien réaliste, au sens que la science politique donne au terme. Les Etats cherchent à contre-carrer le pouvoir des autres puissances internationales, permettant ainsi au monde de trouver son équilibre. Tant pis pour l’internationalisme socialiste d’hier ou pour le droit et pour la démocratie. Tout ce qui peut rivaliser avec la puissance des Etats-Unis est célébrée comme si l’Amérique d’aujourd’hui était l’Union soviétique d’hier. Ce discours me rappelle celui de l’éminent spécialiste en relations internationales, John Mearsheimer, qui lui aussi regrettait la chute du Mur de Berlin qu’il voyait comme facteur d’instabilité future. Nos concitoyens européens de l’Est, dont l’unanimité contraste bien avec le désordre occidental, apprécieront.

Il y a clairement deux gauches en France. La plus éclairée doit se démarquer et ne pas se compromettre avec cette tendance d’un autre siècle.

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Ségolène, ca suffit!

Posted by Jeremy Ghez on July 10, 2008

On s’est souvent plaint, pendant la campagne électorale, du fait qu’on se permettait de désigner la candidate du Parti socialiste par son prénom.  Indignation somme toute légitime, quand on parle d’hommes et de femmes politiques respectables qui gouvernent notre pays.
 
Néanmoins, étant donné les circonstances insolites dans lesquelles j’écris ce poste, je ne vois pas d’autres manières pour exprimer ma consternation, une nouvelle fois, devant un comportement aussi méprisant que puéril.  Les allégations de Ségolène Royal concernant les visites dont son appartement a fait l’objet sont non seulement diffamantes, mais révèlent également le vide politique et idéologique dans lequel se trouve Royal.  Que dirait-on si je spéculais sur l’opportunité que représentent ces cambriolages pour Royal au moment où celle-ci n’a strictement rien à dire sur la vie politique française? 
 
Le problème est profond.  Quelle a été la contribution de Royal à la rénovation du logiciel intellectuel du PS?  Quelles lumières l’ex-candidate a-t-elle partagé sur les défis qui se posent à la France?  Aucune, aucune et aucune.  Royal est le principal fossoyeur de la gauche.  Les Français ne sont d’ailleurs pas dupes, voyant Besancenot comme meilleur opposant à Sarkozy (quelle tristesse malgré le pragmatisme évident de l’individu) et préférant Aubry à Royal pour prendre la tête du PS.
 
    
 
 
 
On peut être ou ne pas être d’accord avec Cohn-Bendit, mais les propos de l’Euro-député démontre que l’on peut, avec passion ou véhémence, exprimer un propos constructif.  Mme Royal, prenez-en de la graine!
 
 
 

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Ségolène Royal n’a donc rien compris

Posted by Jeremy Ghez on December 10, 2007

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Les socialistes cherchent des solutions à leur “impasse”.  Reconaissons-leur au moins une chose: ils ont pu s’accorder sur la nature du problème, à savoir qu’ils se trouvaient dans une impasse.  Mais après… 

Lancé par Jospin au mois de septembre, le terme “impasse” n’a suscité aucune protestation de Royal, lors du débat au Théatre du Rond Point auquel elle a participé le 3 décembre.

En revanche, quitte à avoir trouvé un diagnostic, les socialistes patinent encore pour trouver une réponse, face au rouleau-compresseur de Sarkozy.

Comment sortir de l’impasse selon Royal?  Par le “dépassement” , en prenant tout ce qu’il y a d’utile dans chacun des courants de la gauche et du centre.  Et quand elle parle de la gauche, elle va jusqu’à inclure José Bové et ses amis altermondialistes. 

La réponse a un goût amer de déjà-vu.  Royal semble oublier que la gauche plurielle n’a jamais permis de gagner une élection présidentielle, et surtout que les Français sont fatigués des compromis politiques sans logique ou fond.  Vouloir mêler Bové et Bayrou à une même coalition politique ne relève pas d’une ambition téméraire, mais bien de l’obstination imbécile qui risque d’euthanasier la gauche.  

A Los Angeles, l’intelligentsia américaine avait un faible pour la candidate socialiste, parce qu’elle allait apporté de la nouveauté et surtout de la “fraîcheur” à la vie politique française.  Malheureusement, tromper les intellectuels américains ne suffit pas.

Preuve supplémentaire, donc, que Royal n’a donc rien compris de son échec, et se sent pousser des ailes malgré sa défaite – tous ses propos laissent d’ailleurs penser que Royal attribue beaucoup de responsabilités aux autres, et bien peu à elle-même. 

Les socialistes n’ont pas une mais deux tâches devant eux: non seulement renouveler – sans faire semblant – leur logiciel intellectuel, mais aussi trouver le candidat ou la candidate capable de le représenter – sans faire semblant non plus – à l’élection de 2012.

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Efficace Olivier

Posted by Jeremy Ghez on November 26, 2007

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Je l’admets: je ressens pour Besancenot une sympathie particulière. A mon sens, le facteur le plus connu de France représente une composante politique essentiele pour la vie politique du pays et cela pour deux raisons.

La première fonction cruciale qu’il remplit est celle de la clarification. Besancenot crie haut et fort, depuis quelques temps déjà, qu’il souhaite créer un grand parti de gauche anti-capitaliste. Il n’aura certes échappé à personne que son programme comporte des aspects rétrogrates, voire tout simplement anti-démocratiques et très inquiétants. Mais dès lors qu’il y a une offre claire, il sera d’autant plus facile d’en mesurer la demande effective. Si, lors des échéances politiques à venir Besancenot ne parviendrait pas à obtenir des élus, on saurait ce que vaut vraiment son discours. L’extrême gauche ne pourrait alors plus jouer la carte de la représentatitivité du faible qui décidemment aura trouver son ambassadeur autre part.

La deuxième fonction est celle de la pression à gauche. De nombreux commentateurs ont souligné le silence, voire la quasi-absence du PS sur le dossier des récentes grèves. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy auront utilisé la même expression – “prise d’otage” – pour qualifier le mouvement social qui a, encore une fois, paralysé la France. Cette gauche républicaine qui faiblit, ne serait-ce que parce qu’elle n’a pas su se démarquer de Sarkozy, devra redéfinir son “offre” politique, et surtout comprendre ce que les électeurs qui autrefois votaient pour elle désirent désormais. Mon intuition, déjà exprimée ici et ici, est que la seule solution qui s’offre aujourd’hui au PS réside dans le centre, avec une alliance avec le ModeM de François Bayrou. La frange la plus radicale du PS trouvera sans aucun doute un allié très sympathique chez Besancenot.

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Allègre, le mec qui en a.

Posted by Jeremy Ghez on August 30, 2007

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Les propos de Claude Allègre, ce matin sur RTL, sont réjouissants pour tous ceux qui, comme moi, croyaient la gauche immobile, voire morte.

Allègre a formulé deux commentaires fondamentaux, et dont le bien-fondé est indiscutable:

  • François Hollande a souhaité et poussé pour un nombre élevé de candidatures à l’investiture du Parti Socialiste pour les présidentielles de 2007.  Le chaos jouait en sa faveur: alors que se multipliaent les candidatures à gauche, le désordre rendait de plus en plus probable le retour de Jospin, grâce auquel Hollande aurait hérité, en cas de victoire, de Matignon.  Mieux encore, en créant ce véritable chaos au sein de la gauche, Hollande pouvait également s’imposer ensuite comme candidat logique à la présidentielle, en tant que Premier Secrétaire du parti.  Tous ceux qui fréquentaient des responsables du Parti socialiste à l’époque de la pré-campagne le savent depuis bien longtemps: la stratégie de Hollande ne visait pas à faire émerger à gauche le candidat idéal pour les élections présidentielles.  Le PS en paye le prix aujourd’hui.

  • Le deuxième commentaire s’adresse à Ségolène Royal, à qui Allègre consacre un livreAllègre a raison de souligner le fait que Royal ne s’est jamais intéressée aux dossiers.  Elle n’a pas su faire grand chose d’autre que répéter à souhait son slogan d’ “ordre juste”, en l’appliquant même à la punition infligée à son lieutenant Arnaud Montebourg, coupable d’avoir dit des méchantes choses sur son compagnon d’alors.  Il y avait de quoi laisser dubitatif n’importe quel électeur ouvert et conciliant envers la gauche.  Quand on érige l’incompétence en programme politique et on considère tout avis dissonant comme illégitime et avec autant de crispation, il ne faut pas s’étonner des conséquences inévitables.

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On savait Allègre iconoclaste – lui, le scientifique, qui apporte une autre vision sur la question brûlante du changement climatique.  On le savait également frustré par cette nouvelle défaite de la gauche à une élection qui aurait pu se passer autrement.  Le voilà qui émerge comme l’individu capable de dire à la gauche ses quatre vérités, et enfin faire comprendre à Mme Royal qu’obtenir 47% des voix à un deuxième tour d’une élection présidentielle est en fait une sacrée raclée dont, habituellement, on ne se vante pas…

 

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A quoi joue DSK?

Posted by Jeremy Ghez on June 20, 2007

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Une petite information intéressante publiée aujourd’hui sur le site du Monde: Dominique Strauss-Kahn déclare vouloir quitter prochainement le bureau national du PS. Le journaliste et chroniqueur de RTL, Jean-Michel Apathie, est le premier à avoir lancé l’information, sur son blog, avant que la nouvelle soit confirmée par les proches de l’ancien ministre, d’après le Monde, qui ajoute:

D’ailleurs, a déclaré M. Strauss-Kahn selon le journaliste, je vais donner l’exemple (…), je vais démissionner prochainement du bureau national du PS.” Selon la même source, il précise que cela “ne l’amuse plus” de “passer deux heures pour savoir où on va mettre la virgule sur un communiqué que personne ne lira“. D’après Jean-Michel Apathie, M. Strauss-Kahn aurait indiqué que ce départ interviendrait “à la rentrée“. Précision sur laquelle son entourage met un bémol, en assurant qu’aucune date n’a été fixée et que ce sera “quand la question se posera, peut-être à la rentrée” – ou plus tard.

L’info est tout de même surprenante puisqu’elle concerne un des “éléphants” du PS, à qui l’on prétait des ambitions énormes, au lendemain de la défaite de Ségolène Royal. Alors trois hypothèses.

Ecartons d’ores-et-déjà la première: DSK est sincère. Etant donné l’état dans lequel le PS se trouve, même s’il s’est avéré que dimanche n’a été qu’un demi-échec, et non pas un échec total, Strauss-Kahn a tout à gagner à se mettre en avant. Il s’agit de l’une des seules personnalités capables de mener la gauche en 2012.

La deuxième hypothèse: celle de la traversée du désert. Il s’agirait de battre en retraire, de ne pas s’opposer systématiquement au gouvernement Fillon II, sachant que les Français n’aiment pas forcément cela, et apprécieront encore moins si les actions de l’Etat s’avèrent en plus efficaces. Se concentrer sur Sarcelles et cette circonscription qui a donné à DSK le plus haut score de sa carrière politique: voilà ce qui pourrait avoir du sens pour le socialiste qui n’est sans doute pas indifférent à la popularité d’un Bertrand Delanöe au niveau national. De plus, nul ne connaît la tendance qui s’imposera lors des municipales de l’an prochain. Pour survivre, vivons cachés.

Troisième hypothèse, ma préférée, et que j’ai déjà formulée ici et ici: DSK ne se représentera pas tout simplement parce qu’il ne sera plus membre du PS dès l’année prochaine. La logique politique – à considérer que cela ne soit pas une contradiction en soi – voudrait que des personnalités comme DSK et Bayrou soient dans le même parti. D’ailleurs, une étude du CSA a démontré que la connection politique entre le MoDem et le reste du spectre politique français se faisait résolument à gauche, 55% des électeurs du MoDem au premier tour ayant voté à gauche au second tour, contre 28% pour la droite.

Cela laisse penser qu’un positionnement au centre gauche pour un parti réunissant des personnalités libérales, voulant proposer à la France une alternative à Sarkozy, a toute sa place. Cette perspective est d’autant plus attirante que ce même parti pourrait prétendre jouer un rôle bien plus constructif que le PS actuel – du moins dans la forme qu’il prend aujourd’hui – dès lors qu’il sera ne pas s’opposer systématiquement, contribuer aux réformes et à la modernisation en tant que contrepoids et moteur, et non pas agir comme un obstacle.

La demi-défaite législative de la gauche n’a fait que ralentir la scission inévitable du PS. Le MoDem, qui a contribué à ce ralentissement, sera peut-être le principal bénéficiaire de cette rupture. Mon intuition est que DSK sera le premier déclencheur de ce mouvement vers le centre et de la décomposition du spectre politique français en trois grands pôles.

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DSK et Bayrou: Je vous l’avais dit!

Posted by Jeremy Ghez on May 29, 2007

Dominique Strauss-Kahn commence à faire son coming out… Il soutiendra des candidats du MoDem au deuxième tour des législatives. Cela n’a rien de surprenant, après les propos des uns et des autres au lendemain de la présidentielle que j’avais commentés ici.

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Voilà une tendance évidente et lourde qui se confirme: un parti qui réunit un homme comme DSK – et autrefois Kouchner – ainsi que des Fabius, Mélanchon et Weber n’a pas d’avenir. La fracture s’était faite ressentir depuis le débat sur la Constitution européenne. Cette fracture est profonde et s’avère tout aussi déterminante que la fracture droite-gauche traditionnelle. Kouchner le considérait déjà et est allé au bout de sa logique en entrant dans le gouvernement Fillon I. DSK, qui a choisit une autre stratégie, ne fait cependant confirmer qu’un état des lieux évident. Les jours du Parti socialiste tel que l’on connait aujourd’hui sont comptés.

Les débuts du MoDem s’annoncent chaotiques et les sondages ne créditent pas le mouvement de plus de 15% des voix. Mais la vie politique française va s’en trouver revitaliser, avec une nouvelle donne politique bien plus cohérente. Les militants socialistes auront véritablement le choix entre deux tendances incompatibles: l’une ancrée profondément à gauche et fossoyeuse du Traité constitutionnel, l’autre libérale, ancrée au centre et profondément européenne. Cette clarification du débat rendra plus transparente les réelles tendances politiques au sein de la société française.

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Kouchner, tout simplement

Posted by Jeremy Ghez on May 17, 2007

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A l’heure où j’écris ces lignes, alors que le jour se lève sur Paris et que nous connaîtrons dans quelques heures la composition du premier gouvernement sous la présidence Sarkozy, un paradoxe me fait sourire: Hormis le nom de celui qui sera selon toute vraisemblance le nouveau Premier Ministre, le seul homme dont le poste a été confirmé est Bernard Kouchner, autrefois homme “respecté” au Parti Socialiste.

Ceux qui me connaissent savent l’admiration que j’ai pour le French Doctor.  Mais mon enthousiasme va bien au-delà.  En effet, avec cette nomination, une question se pose: La froide politique étrangère française, soit disant “réaliste” – au sens que donne la théorie des relations internationales au terme – calculatrice et tout sauf humaniste, prendra-t-elle fin avec ce tandem improbable Sarko-Kouchner?  Après l’émotion convenue à propos du dossier du Darfour, qui nous a tous rendu très fiers d’être humains, y aura-t-il enfin une véritable initiative politique?  Le Monde peint une image intéressante de la diplomatie française à venir, avec Kouchner au Quai d’Orsay et Jean-David Levitte – actuel ambassadeur français aux Etats-Unis – à la tête d’un Conseil de Sécurité élyséen, conseiller de Sarkozy.  Le ministre sanguin et passionné, le conseiller rationnel et expert de diplomatie.  Voilà un duo qui promet beaucoup plus que le discours convenu d’autrefois.

Cette nomination n’a rien de surprenant.  Sarkozy et Kouchner partagent, tant du point de vue pratique que du point de vue intellectuel, de nombreuses positions en matière internationale.  Le “Ni guerre, ni Saddam” de Kouchner en 2003 raisonne énormément avec l’ambiguïté dont Sarkozy a fait preuve sur le dossier irakien – en dénonçant d’abord l’arrogance française pour ensuite saluer la décision historique de Chirac.

A cela s’ajoute le mépris dont le Parti socialiste a systématiquement fait preuve à l’égard de Kouchner, considéré trop longtemps comme un simple beau gosse à mettre en tête d’affiche sans penser qu’un jour un homme si compétent puisse avoir des ambitions qui sont, de loin, à sa hauteur.  La débandade des Socialistes a commencé, j’en avais dit deux mots ici.  Kouchner, qui restera fidèle à lui-même et loyal à ce qu’il considère sa vérité et sa réalité de gauche, vient d’en prendre acte.

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